AFFAIRE « VENEZIA »

 

UN PROJET D’IMMEUBLE TROP GRAND, TROP BRUTAL POUR LE CENTRE ANCIEN

 


 

Au fond à droite, l’emplacement du projet, vu du pont de la rue Thiers

 

A partir de l’emplacement d’un ancien pont fortifié, dont on aperçoit encore des traces en substructure, se serait élevé immeuble de 64 mètres de long et 13 mètres de hauteur, s’enfonçant comme un coin dans la ville ancienne, bousculant les arrières de toute une rue aux maisons souvent du XVème siècle, masquant la vue

sur l’arrière de notre église classée.
Nous avons découvert le projet dans la presse, alors que la maquette était présentée et les appartements mis en vente.


Nous avons alors parlementé avec le promoteur, la municipalité, essayant de faire « glisser » cet ensemble de l’autre côté de l’eau, vers la partie neuve de la ville.
Sans le moindre succès. La municipalité d’alors ayant envie, encore dans l’optique passéiste de l’après guerre et du «  corbusiérisme », de rénover la vielle ville, de détruire des maisons jugées sans valeur.

 


Le projet : sur un joli canal, les 64 mètre de béton sans caractère

 

Nous avons alors monté nous même le dossier de demande d’annulation des permis de démolir et de construire auprès du Tribunal administratif de Rouen et gagné le procès, parce que les règles d’urbanisme n’étaient pas respectées :

 

L’immeuble était dans le périmètre protégé, le POS ne permettait pas de monter à plus de 12 mètres et les services de l’archéologie n’avaient pas été consultés.

 

Il n’y a pas eu d’appel, sans doute faute d’amateurs, les acheteurs potentiels ayant compris combien cet immeuble, construit au ras de l’eau avec des balcons en plein nord aurait été peu agréable à habiter, donc difficile à vendre ou à louer.

 

 


Depuis, plusieurs maisons qui devaient être détruites ont été restaurées, les autres ont gardé leur jardinet. La rue menacée a été repavée par l’actuelle municipalité, le commerce y est prospère.

 

 


En 2003, plusieurs maisons vouées à la destruction sont réhabilitées

 

Les substructures anciennes sont visibles et restaurées, le quartier a retrouvé son caractère pittoresque, (au vrai sens du terme, puisque de nombreux peintres choisissent de représenter ces vues).
A deux pas du centre, en face de sa vieille église, des maisons tranquilles, avec de minuscules jardins au bord de l’eau, la vie paisible d’une petite ville de province…

 

Tout notre centre est fait, à 90% de maisons anciennes qui ont résisté aux bombardements de 39-45.

Parfois méprisées, malmenées par des réparations maladroites, des ravalements au ciment, alors qu’elles sont souvent encore dotées non seulement  de belles façades, mais de boiseries, de beaux escaliers et de cheminées, dans des styles s’étalant du XVème au XIXème.

Il est facile d’y amener le confort d’aujourd’hui, en respectant leurs matériaux anciens et leurs ornements.

Elles sont bien plus chaleureuses que les appartements de béton sans âme.

 

Mais il faut convaincre les propriétaires, les artisans, les pouvoirs publics, que le caractère du cœur de notre ville vaut d’être respecté et mis en valeur.

D’abord pour l’agrément de ses habitants.

Mais aussi pour continuer à y attirer des visiteurs.

 

La bataille n’est donc pas terminée.