RAPPORT MORAL 2008, VINGTIEME ANNIVERSAIRE

 

Nous fêtons cette année les vingt ans de notre association.
Fondée en 1988, à la suite d’une rencontre ente Charles et Andrée Kablé et Georges et Valentine Goetz.
Résidents secondaires en Normandie depuis longtemps, nous étions conscients de la beauté de cette région, mais aussi de sa fragilité face à de nombreux nouveaux facteurs : pollution industrielle sans cesse accrue, odeurs insupportables, disparition du bâti ancien au profit de maisonnettes stéréotypées, bâtiments agricoles démesurés, manque de respect du patrimoine modeste mais de valeur …
Charles Kablé s’est chargé des démarches pour la création de l’association, nous avons trouvé le nom et j’en ai dessiné le sigle. Nous avons réuni quelques amis, dont plusieurs sont toujours parmi nous.

Dont Madeleine Gostynsky-Valot, qui défendait l’épagneul de Pont-Audemer, en voie de disparition,   

Marilyne Tangui le Gac, qui, avec ses élèves avait déjà fait une exposition sur la ville, Georges et Danièle Marc, qui passent maintenant le plus clair leur retraite en Bretagne…

Charles Kablé a été notre premier président, puis, lors de ma retraite et de notre installation définitive ici, il a jugé que j’étais plus disponible que lui et m’a passé la présidence.

Andrée Kablé est notre secrétaire générale depuis le début.

D’autres nous ont rejoints.

Quelques uns ont quitté la région ou hélas, nous ont quittés pour de bon.

Le dernier en date est M. Paul Boquet, notre voisin de campagne, médecin, biologiste, professeur à l’Institut Pasteur, qui allait fêter ses cent ans. Resté très lucide, il nous a été fidèle jusqu’au bout, envoyant toujours sa cotisation et ses encouragements.

Avec quelques fluctuations, notre effectif d’une quarantaine de personnes est resté à peu près constant.

Cela paraît peu, mais il vaut mieux quarante membres actifs que quatre cents simples adhérents.
N’oublions pas que d’après nos statuts, il faut être parrainé pour être membre, car nous souhaitions être une association active et créative, non un groupe de découverte touristique car nous sommes tous capables de découvrir un pays sans guide.

 

Notre première action a été, sur une idée de Maryline Tanguy le Gac, l’organisation d’un concours destiné aux collégiens de Pont-Audemer, pour le réaménagement du jardin Canel. Les jeunes s’y sont donnés à cœur joie et ont fait des montages photographiques et des maquettes.
La municipalité, où M. Mottin venait d’être élu, a décidé de recréer ce jardin, en s’inspirant peu des travaux scolaires, mais au moins l’espace n’était-il plus un terrain vague. Et plusieurs élèves ont pris goût aux études artistiques, dont Denis Lefort, devenu architecte, puis ABF
(Architecte des Bâtiments de France), et qui, bien qu’il soit en poste dans les Vosges, fait toujours partie de notre association.

 

Georges Goetz, alors conservateur du musée de Provins, est intervenu auprès de la Direction des Musées de France, afin d’obtenir la réouverture du musée Canel.

 

Puis j’ai restauré l’enseigne modern’style « Au printemps », avec l’aide de L’ENSAAMA (Ecole Natonale Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d’Art) Olivier de Serres à Paris, l’école ou j’ai enseigné trente ans. Le magasin, qui vendait encore alors des vêtements, nous a prêté ses vitrines pour une exposition lors des fêtes de la ville.

 

Nous avons aussi esté en justice, auprès du Tribunal Administratif, ce qui était plus ardu, et réussi à empêcher la construction en bord de Risle d’un grand ensemble « Venezia », qui aurait ruiné la rue Jean Jaurès où subsistent de petites  maisons du XVème siècle ; elles n’auraient pas résisté aux ébranlements du terrain ou été étouffées. Depuis des maisons ont été restaurées, des jardins installés, la vue sur la rivière rue Thiers a été préservée.

 

Nous sommes aussi intervenus pour le classement de l’impasse Canel, après une intervention malheureuse de stagiaires en bâtiment, qui ont ébranlé la maison la plus proche de la rivière en détruisant les cheminées porteuses, puis l’incendie a détérioré une partie des autres maisons de l’impasse.
Nous avons présenté une demande de classement d’urgence, qui a été acceptée et la restauration a été effectuée par un architecte compétent, Hamid Yazdanpanah, avec l’aval de l’ABF Jean-Pierre Brabant.

Nous avons mené une autre action auprès du Tribunal Administratif contre un permis de construire : la demande de ne pas surélever le Marché U, qui se situe à l’intérieur de l’ancien rempart, l’espace que nous voulons protéger. Notre requête n’a pas été acceptée par le juge, malgré l’avis favorable du Commissaire du gouvernement, mais finalement la chose ne s’est pas faite, à cause du surcoût entraîné par l’obligation d’un renforcement de la structure, non prévu par l’architecte et demandée par le propriétaire du magasin sur avis du BRGM. (bureau des Recherches Géologiques et Minières), dans cette ville installée sur un marécage, où nous rencontrons de fréquents problèmes.

 

Ce que nous avons de plus agréable à notre actif, est la découverte de la maison de Selles, dont nous avons empêché la démolition et qui est devenue, avec  la détermination de Jean-Marc Leprévost et de son conseil, et bien sûr notre active participation, la mairie de St Sulpice de Grimbouville.
Nous avons alerté l’Inspecteur des Monuments Historiques, l’ABF, le maire de Selles, étonné de notre intérêt.

Nous avons fait les premiers relevés avec le concours de nos membres, réalisé une maquette, suivi tout le chantier avec un reportage photographique…
Nous avons eu le plaisir de garder au Conseil d’Administration Jean-Marc  Leprévost, fidèle à notre association.

Nous avons récemment  participé à l’enquête publique qu’il a lancée sur le PLU(Plan Local d’urbanisme) de St Sulpice, avec le concours de MP 27(Maisons Paysannes de l’Eure). Il souhaite protéger le village des constructions de mauvaise qualité et mal implantées.

Un exemple à suivre pour les municipalités de notre région.

 

Notre demande réitérée de faire de Pont-Audemer une ZPPAUP (Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et  Paysager) a été satisfaite, l’équipe très compétente chargée de l’étude s’est appuyée sur les documents que nous leur avions prêtés, notamment les travaux de Denis Lefort, qui avait fait son diplôme de l’école de Chaillot sur la ville, étudiant le centre historique maison par maison.
L’enquête publique a eu lieu, que nous avons chaudement approuvée. Le projet a été adopté par le conseil municipal mais il faut plus encore procéder à une révision du PLU avant sa mise en place. La hauteur en centre ville a été ramenée à 12 m, ce qui nous préserve de nouveaux immeubles démesurés et assure le respect de l’alignement sur le parcellaire ancien, ce qui n’exclut pas une évolution stylistique et écologique.

 

Notre siège étant à Pont-Audemer, nous sommes amenés à souhaiter y intervenir souvent, mais

depuis  plusieurs années, nous avons obtenu l’agrément régional (27 et 76 pour la zone proche de l’Estuaire), au titre de la sauvegarde de l’environnement, ce qui nous donne un certain poids, lors de nos démarches administratives.
Ainsi avons-nous pu cette année, voter pour le renouvellement des membres du CESR,
(Conseil Economique et Social Région Haute-Normandie).

 

Nous n’avons pu intervenir en Seine Maritime comme nous le souhaitions, pour la réhabilitation du château de Tancarville, toujours imposant mais en péril, qui pourtant représente une véritable leçon d’architecture avec ses bâtiments du XIIème au XVIIIème, sa situation administrative étant inextricable.

A la limite de département, nous avons aussi fait des démarches en faveur de l’église de Fiquefleur, elle aussi en péril, mais personne ne veut s’y impliquer pour des difficultés de financement.

 

Par ailleurs, le conseil Général de l’Eure a fort bien agi en réactivant le CAUE(Conseil en Architecture, Urbanisme, environnement)disparu depuis longtemps. Jean-Louis Destans en est le président, Michel Rousset, le directeur, Xavier Derbanne, l’architecte urbaniste conseil, Jean-Marc Coubé. le paysagiste conseil, Scella Mazurier, la secrétaire.

 

J’ai assisté aussi à diverses présentations, en tant que membre du CA de HNNE (Haute Normandie Nature, Environnent).

Il est possible maintenant d’obtenir de l’aide d’un architecte et d’un urbaniste, le rôle du CAUE étant « de conseiller, former, informer et sensibiliser » dans tout le département, que l’on soit particulier ou maire.

 

Grâce au concours des membres du CA, d’adhérent et de quelques amis, nous avons terminé la maquette du livre « Vivre notre Normandie, inventer son avenir », travail de plusieurs années, qui vous est présentée aujourd’hui et qui traite de toute la Normandie du pan de bois, du torchis, de la craie et de la brique.

Nous avons obtenu un coût pour l’impression, de l’ordre de 25000 € pour 1000 exemplaire,  cela ferait revenir l’exemplaire, avec le coût de l’édition, à environ 45 €, ce qui n’est pas monstrueux compte tenu de la taille du livre, près de 300 pages illustrées en couleurs. Nous aimerions que M. Patrice Duval en soit l’imprimeur, car il a investi dans du matériel entièrement écologique, pour lequel il vient d’obtenir une distinction. Il va peut-être nous trouver un éditeur, mais il nous faudra organiser une souscription.

 

J’ai présenté la maquette à Marie-Christiane de La Conté, Inspecteur des Monuments Historiques, qui a manifesté son intérêt, mais ne peut évidemment pas financer.

Présentée également à Yves Lescroart, Inspecteur général des Monuments Historique, vivement intéressé, qui pense que c’est un maillon manquant et que cela servirait aux étudiants en architecture.

Et Jean-Pierre Girod, vice président de la Région et vice président du Parc des Boucles de la Seine Normande, également consulté, s’est montré lui aussi  vivement intéressé; il pense que le Parc pourrait en commander une centaine notamment pour les municipalités…

 

Mais ces démarches prennent du temps et sont coûteuses.

 

J’ai donc fait une demande de subvention auprès de la DIREN (Direction Régionale de l’Environnement)  de 2000 €, afin de couvrir les démarches, copies, et recherche de sponsors pour  obtenir l’édition du livre et  organiser le concours que nous envisageons pour une recherche d’habitat écologique, normand et contemporain.

C’est notre toute première demande de subvention, mais, ainsi que nous l’expliquons aux personnes que nous rencontrons, le travail de notre association dans ce domaine, est arrivé au bout de ses possibilités.
C’est un travail de recherche, qui a demandé du temps de la patience, mais nous ne pouvons aller plus loin sans aide ni financement.

 

Quant aux autres travaux accomplis cette année, il y a eu une lettre ouverte aux candidats aux municipales, qui est passée dans l’Eveil et sur notre site, toujours mis à jour par Laurent Thiron.

Faisant partie du CA de HNNE, j’écris une petite rubrique dans la plupart des bulletins de la fédération « les Hérissantes ».

 

Nous sommes affiliés à la fédération HNNE ainsi qu’à SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France), qui nous a proposé de relayer notre site. Maisons paysannes, MP 27, avec qui nous collaborons souvent nous a aussi proposé un relais.
Nous espérons que notre site ne vous est pas inconnu et que vous le visitez et le faites connaître.

 

Enfin, comme chaque année, nous devons réélire notre conseil et notre bureau. Nous aurions dû faire appel à candidatures, car nous ne souhaitons pas prendre les adhérents à froid en leur posant la question le jour du vote bien que, si cela tentait quelqu’un, nous avons la possibilité d’élire un membre supplémentaire. Mais, attendu que notre conseil fonctionne bien et qu’il a été très efficace pour la mise au point de l’ouvrage et de nos travaux,  je vous propose de le reconduire pour cette année et de réfléchir à une participation possible de nouveaux membres, jeunes si possible, l’année prochaine.

Nous ne nous réunissons pas souvent en C.A., mais sommes en contact permanent par mél, tel  et rencontre des uns et des autres, et toutes les décisions sont prises en accord avec tous.

 

Cette année, il nous faudra poursuivre en priorité nos efforts pour l’édition du livre et l’organisation du concours, ce qui n’exclut pas d’autres activités, selon les opportunités et aussi, bien sûr, vos suggestions, à condition que leurs auteurs participent activement aux travaux que cela entraînera.      

 

SPBS, 16 rue Sadi Carnot 27500 Pont-Audemer http://perso.orange.fr/spbs/   Valentine Goetz, avril 2008