RAPPORT MORAL SPBS 2006

 

Nos buts, fidèles à nos principes, s’adaptent à notre millénaire :

 RESTAURER, REHABILITER L’ARCHITECTURE ANCIENNE
CONTRIBUER A CREER UNE ARCHITECTURE REGIONALE CONTEMPORAINE,
A REALISER UN CADRE DE VIE NORMAND DU XXI EME SIECLE,
A UTILISER LES MATERIAUX ET LES SAVOIR-FAIRE
DES ENTREPRENEURS DE NOTRE REGION,
AFIN QUE L’ON PUISSE ENCORE DIRE :
J’IRAI REVOIR MA NORMANDIE. 

 Notre association ne se distingue pas par le nombre de ses adhérents, mais par leur qualité. En effet, dans nos statuts, il faut être agréé par au moins deux membres du Conseil d’Administration pour devenir membre. S’intéresser à notre patrimoine, œuvrer, selon ses moyens, à le faire connaître, le préserver, lui donner un avenir.
Nous avons décidé cela en 1988, lorsque Charles Kablé, notre premier président, avait rédigé les statuts. Parce que nous ne souhaitions pas être une association à but touristique, mais un organe de réflexion sur la qualité de notre environnement.

Réfléchir et agir pour le sauvegarder et, au travers des changements de société et de technologies, lui garder son caractère régional.
Cela peut paraître ambitieux ou utopique, mais les actions que nous menons se placent sur le long terme, et les esprits changent. Nous sommes confrontés à un problème majeur de pollution et d’effet de serre, dont nous parlons depuis longtemps, et qui maintenant atteint la conscience générale, nous avons donc des chances d’être mieux écoutés.

Pour faire passer nos idées,
- Nous faisons partie de la fédération HNNE, Haute Normandie Nature Environnement, qui regroupe un grand nombre d’associations de défenseurs des milieux naturels ,de la qualité environnementale, à qui nous pouvons nous adresser lorsque nous n’avons pas, sur certains problèmes, les compétences suffisantes. HNNE regroupe des associations spécialisées dans les pollutions, les risques industriels, la préservation des milieux naturels, de la faune et de la flore. Elle a des représentants au Conseil Economique et Social, que nous élisons. Nous lui apportons notre contribution, ainsi a-t-elle adopté le texte que notre association avait rédigé, à la suite d’une table ronde a laquelle j’ai participé avec Yvan Fix. Ce texte a ensuite été publié dans leur revue, « Les Hérissantes ».

- Nous travaillons avec Maisons Paysannes de l’Eure, dont certains adhérents ont rallié notre association, les buts étant conjoints mais différenciés dans la pratique puisque MPE organise des stages de formation à la construction traditionnelle et s’intéresse à sa mise en œuvre modernisée

- Nous faisons aussi partie du Conseil de développement du Pays Risle Estuaire, qui tient compte de notre travail et tente de le présenter aux élus. 

- Nous nous rendons à des manifestations organisées par la Région, où nous avons l’occasion de faire part de nos réflexions et propositions.

 - Et encore de la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France), à qui nous faisons appel parfois pour nous aider à éviter des constructions immobilières incongrues.

 

TRAVAIL SUR LE SRADT, (Schéma Régional d’Aménagement du Territoire)

Nous y avons  beaucoup travaillé et répondu aux demandes posées à la société  civile par la Région, (P.J) et envoyé notre texte à Monsieur Alain le Vern, président de la Région,  à Monsieur le Préfet de Haute Normandie, à Monsieur le Préfet de l’Eure, à Monsieur le Sous-Préfet de Bernay, demandant notamment un renforcement des équipes d’architectes chargés de la sauvegarde du Patrimoine, ce qui ne semble pas faire partie des préoccupations actuelles des services de l’Administration.

Cette partie de notre travail sur le patrimoine bâti a servi de base à la réponse globale fournie par HNNE, (chapitre 14) où tous les sujets environnementaux sont abordés. 

Nous avons demandé que soient intégrées à cet ensemble quelques autres idées :

- Sur la possibilité de faire faire des études de rentabilité par des entreprises spécialisées, pour récupérer des déchets industriels dans des sites abandonnés, les technologies ayant fait de grands progrès, il est possible maintenant d’exploiter des gisements jugés autrefois irrécupérables.

- Sur le maintien de notre réseau ferré et de nos voies navigables.

 

CONCOURS D’ARCHITECTURE. URBANISME…CONTEMPORAINS

Nous continuons à travailler sur ce projet très lourd. Dès son achèvement, nous avons l’intention de le présenter à la Région, qui devrait pouvoir  le soutenir.

Nous pourrions alors faire partie des associations subventionnées.

Ensuite il nous faudra trouver des sponsors parmi les industriels, afin qu’ils récompensent les concurrents et s’intéressent à leurs créations.
Nous pouvons trouver des étudiants choisissant les thèmes proposés par ce concours dès la rentrée prochaine.
Mais il nous faudra aussi trouver des sponsors.

Les pouvoirs publics et les industriels sont très conscients de la nécessité de s’adapter aux nouvelles donnes de notre société, mais sont souvent dans l’incapacité de trouver des concepteurs pour inventer l’environnement souhaité. Ils sont donc semble-t-il, prêts à investir pour stimuler la créativité.

NOS AUTRES TRAVAUX DE L’ANNEE :

- Nous avons participé aux différentes manifestations organisées par les associations dont nous sommes membres,

- Mené, avec Jean-Marc Leprévost, une action pour sauver l’église de Fiquefleur, rencontrant sur place  Marie Minier, ABF, à qui nous. avons fourni une série de photographies, notamment celles de la charpente.

- Visité des propriétés d’adhérents désireux d’avoir un avis sur leur propriété.                                  

- Participé, en juin, avec Maisons Paysannes de l’Eure, à l’exposition organisée par AXALTO, maintenant GEMALCO, à Pont-Audemer, dans le cadre de la semaine du Développement Durable. Cette société nous a offert un stand. Nous tenons à l’en remercier.Elle se veut exemplaire dans la qualité de l’environnement

Nous avons réalisé, Marie-Louise Collin et moi-même, quelques panneaux en plus de ceux que nous possédions déjà.

Nous avons tenu le stand, le samedi 3 juin, avec Marie-Louise Collin et Christine Langot

Cette société a fait appel à nous grâce au fait que nous figurons maintenant dans la liste des associations basées à Pont-Audemer.

 

NOS MEMBRES :

Nous avons eu le plaisir d’en recevoir quelques nouveaux, dont des jeunes, ce qui est rare actuellement dans les associations. Beaucoup continuent à restaurer ou remonter des bâtiments anciens, avec les matériaux locaux : murs de pierre, pan de bois et torchis, toits de roseau…

Nous réaliserions beaucoup d’économies d’énergie et combattrions, dans la mesure de nos moyens, l’effet de serre,  si nous utilisions pour les constructions neuves,  des matériaux bruts : du bois et de la pierre que l’on scie, du roseau que l’on coupe, du torchis que l’on malaxe, opérations qui ne nécessitent pas de combustion, plutôt que du ciment et du P.V.C., en gardant les transformations chimiques pour les industries de pointe.

 NOS PROJETS :

Poursuivre nos travaux en cours, mener à bien le plus rapidement possible notre concours,

 

Nous espérons une enquête publique sur la ZPPAUP ( Zone de Protection du Patrimoine Urbain et Paysager) de Pont-Audemer, puisqu’une étude a été réalisée.

 

Bien sûr, nous sommes ouverts à toutes les propositions de nos membres et aux occurrences qui se présenteront

 

Pièce jointe : CONTRIBUTION AU SRADT

 

La Normandie jouit d’une réputation internationale par son architecture ancienne et ses paysages. Confortée sans doute par le souvenir de Débarquement.

Toutefois, ces atouts sont fortement menacés par des désirs légitimes de modernisation qui se traduisent souvent par une perte d’identité.

 

SES ATOUTS :

  - De grands monuments, une belle architecture urbaine, de grandes villes aux centres   bien restaurés, comme Rouen et Caen, après les destructions de la dernière guerre.
  - De grandes forêts, de nombreuses rivières et des vallées encore belles.

  - Plusieurs architectures régionales très typées :

- Celle de la pierre de Caen.

- Celle de la craie et de l’argile avec ses constructions de pan de bois, de terre et de roseau.

- Dans les deux régions, une abondance de bâtiment ruraux, châteaux, manoirs, et une église dans chaque village, commencée au XIème siècle et enjolivée parfois au XVème d’un clocher de dentelle de pierre.

- Des  colombiers, des granges dîmière, encore un petit patrimoine rural intéressant mais menacé.

- Des bourgs anciens qui tous gardent des traces de l’histoire de notre région.

 

SES POINTS FAIBLES :

- Une mauvaise gestion de ce patrimoine par une méconnaissance de ses qualités, à la fois par les habitants, les entrepreneurs et les pouvoirs publics.
- La destruction des haies et des bosquets sur les plateaux voués à la culture industrielle, les rendant venteux, ne retenant plus la terre ni les eaux de pluie  n’abritant plus les villages.

- L’implantation de constructions agricoles démesurées.

- La construction des maisons et de hameaux sans caractère et sans qualité, semées de façon  anarchique et masquant notre patrimoine.

- La réparation des bâtiments anciens avec des matériaux inadaptés, ciment et PVC.

- Le cruel  manque de personnel et de crédits des Bâtiments de France et des Monuments Historiques, qui sont des services publics souvent oubliés dans la distribution des budgets.

Et dont de récents projets de réforme risquent encore de fragiliser le fonctionnement.

- La disparition du CAUE de l’Eure, l’un des seuls départements à n’en plus posséder.

- L’absence de ZPPAUP dans tous les centres urbains.

- L’absence de consultation la population, mise devant des projets finalisées,  avant de doter les agglomérations d’équipements urbains agressifs qui nuisent au charme provincial des bourgs anciens. On peut améliorer la modernisation et  le confort sans destruction du caractère.

- La mise en place de la nouvelle loi sur l’isolation, applicable aux bâtiments anciens car les soumettre  au texte général entraînerait leur perte et serait inefficace, car ils ont leur système propre d’échanges hygrométriques et thermiques, dont on pourrait au contraire s’inspirer, en ce qui concerne notamment la micro porosité.

- L’absence de sensibilisation des jeunes à la qualité de notre patrimoine, car il faut les former à sa préservation et favoriser leur créativité.

- Le manque d’incitation à poursuivre des études solides dans tous les métiers de l’environnement, qui doivent comporter une formation plastique actuellement négligée.

Nous ne souhaitons pas que l’on copie les constructions anciennes, mais qu’on en construise de neuves, différentes certes des anciennes, mais adaptées à notre paysage et sans perte d’identité ni de qualité.

.SINON, « IRAI-JE REVOIR MA NORMANDIE » ?

 

CE QUE NOUS PROPOSONS :

 

1 - Utiliser les matériaux bruts et locaux et des équipements écologiques chaque fois que cela est possible, pour la construction, le mobilier, les objets courants, évitant les transformations par combustion et les transports.

 

2 - Protéger efficacement et restaurer notre patrimoine historique, maisons anciennes, manoirs et environnement urbain et bocager, ce qui nécessite des investissements importants, mais rentables à terme.

 

3 - Favoriser la recherche en : architecture, urbanisme et design, adaptée non seulement à notre à notre époque, mais à notre caractère local, afin de jouir d’un environnement renouvelé mais toujours typiquement normand.

 

4 - Veiller à ce que les grandes opérations de construction à venir se fassent en préservant les quartiers anciens de qualité (qu’on peut toujours réhabiliter), en prévoyant des hameaux construits par exemple en grappe, afin de faciliter les transports en commun, et les doter d’activités culturelles et commerciales, en respectant la mixité sociale.

 Il conviendrait que :

- Les collectivités publiques montrent l'exemple en recourant à des services compétents pour introduire dans les cahiers des charges des équipements publics des prescriptions adaptées aux principes de la haute qualité environnementale (HQE) ;

- Privilégient dans les constructions l'utilisation de matériaux d’inspiration locale : torchis, bois, pierre, brique, avec des mises en œuvre modernisées, complétés par des isolants à base de produits naturels.

- Préconisent toutes les formes d’énergie renouvelable.

-. Encouragent le captage des eaux de pluie, de recyclage des eaux usées et des déchets, domestiques et industriels.

- Impulsent la recherche architecturale  afin de construire des immeubles conçus pour être transformables selon les besoins, en conservant le gros œuvre, qu’il faut construire avec des matériaux capables de résister au temps.

Les normes de construction pour trente ans, prescrites pour la reconstruction rapide de l’après guerre, n’ont plus lieu d’être appliquées aujourd’hui.

Nous demandons au Conseil Régional d’inscrire la valorisation de notre patrimoine architectural ; historique et patrimonial et les principes de Haute Qualité Envronnementale des bâtiments dans les orientations du SRADT, puisque c’est là le moyen :

 - De préserver et développer la qualité de vie,

 - De créer des entreprises non délocalisables,

 - De maintenir l’activité touristique de notre région.

 

A Pont-Audemer, le 10 juin 2006

La présidente : Valentine Goetz-Lemahieuw