DEVELOPPEMENT DURABLE POUR QUOI FAIRE ?

Texte remis à l’Enquête publique de la DTA( Directive Territoriale d’Aménagement) de l’Estuaire de la Seine, le 7 novembre 2003.

 

S’agit-il simplement de continuer à produire et à commercer sans précaution, dans la foulée du XIX° et du XX° siècle, sans se soucier de la qualité de la vie, de la santé de la planète ?

Alors que toutes les alertes mondiales sont au rouge, on nous présente un petit plan pour continuer à développer une industrie et des transports polluants.

Pourtant, les technologies actuelles permettent de gérer, de réparer, d’imaginer une réelle qualité de vie pour les hôtes de la planète, et on prévoit l’extension des zones industrielles, des transports routiers, une course au gigantisme qui continue de grignoter ce qui reste de nature, de campagne, de capacité à jouir de l’air pur, de l’eau claire, des aliments sains, des espaces de vie de loisirs et de culture.

 

Imagine-t-on que nous allons devenir des robots respirant du méthane et digérant des métaux lourds ? Les auteurs de ce plan n’ont-ils pas d’enfants, ou pensent-ils que leur prospérité personnelle leur permettra d’échapper à ces pollutions dans quelque paradis miraculeusement préservé ; ne craignent-ils pas qu’une toute petite catastrophe industrielle dans cette région à forte densité Seveso n’entraîne en chaîne la destruction massive de toute une région, bien plus vaste que la seule zone de l’estuaire de la Seine ?

 

Ce que souhaitent les habitants conscients, cette société civile que nous représentons, ce ne sont pas des vaches en plastique sur les carrefours routiers et des vaches folles dans les dernières étables.

C’est une prospérité économique, certes, mais basée sur une reconquête de la qualité de la vie, des entreprises rentables récupérant toutes les matières gâchées par l’industrialisation sauvage, le développement des énergies douces qui puissent  continuer à assurer le confort que nous pouvons espérer, sans détruire les conditions même de la vie.

 

Vivre dans un milieu agréable, avec des forêts, des rivières propres, soulever le couvercle des nuages de pollution qui empoisonne et empêche de voir le soleil, habiter des maisons agréables dans des villages ou des villes moyennes.

 

Ne pas perdre le patrimoine architectural et culturel, pour garder la mémoire, les sources du savoir, les transmettre.

Aussi pour le plaisir de la vie.

Et encore, pour le revenu de toutes les possibilités d’emplois induites par nos richesses réelles, curieusement ignorés par cette DTA.

 

En conclusion de cette enquête publique sur l’évolution de l’Estuaire de la Seine, prévue pour les 25 années à venir,

Valentine Goetz,

-Président de SPBS (Sauvegarde des Patrimoines de la Basse-Seine),

-Membre du Conseil d’administration de la Fédération HNNE (Haute Normandie Nature Environnement)

- Correspondant pour le Roumois de MPE (Maisons Paysannes de l’Eure),