DEMANDE D’INSCRIPTION DE L’ANCIEN HÔTEL BOURSY

 

Situé dans l’ancienne rue aux Juifs, l’hôtel, dont il existe un bâtiment XVIème sur cour, en bordure du ruisseau des Pâtissiers, est reconstruit après les guerres de Religion, entre 1610 et 1630, en même temps que tous les bâtiments détruits dans ce pâté de maisons, dans un style très homogène, rez-de-chaussée brique et pierre, étage en colombage, comble avec lucarnes, selon des recommandations de type Sully, avec des corbeaux encore Renaissance, ornés de plumes, que l’on retrouve sur d’autres maisons.

La façade sur cour garde ce style, avec un escalier en hors d’œuvre, le seul de cette époque dans la rue, sur plan carré, reprenant l’escalier de structure de XVème, visible encore au numéro 20 de la rue.

Vers la Régence, la façade du bâtiment est recouverte d’une façade en pierre, ornée de garde-corps forgés, élargissement qui nécessite le remplacement de la charpente.

Curieusement le porche, assez monumental, est de style Louis XIV, donc antérieur. On peut supposer qu’il a été plaqué, provenant d’un bâtiment détruit à la Révolution, par Jean Charles Boursy, riche tanneur, ou son fils Charles Ambroise Boursy, qui devint maire de la ville sous Louis-Philippe, et y appose le monogramme CB sur un «cuir» en bois, en 1847, lorsqu’il rachète la part de son frère.

Sur rue, à l’étage, il reste des fenêtres XVII et XVIIIème, les autres sont à l’identique.

A l’intérieur, au piano nobile, des cheminées, des boiseries Louis XIV, Régence, Louis XV et XVI, sont en place ou proviennent de maisons proches.

La copie d’un document notarial nous informe que l’hôtel, dit de Vaulibert, a été acquis par Bertrand Loisel en 1769, vendu par sa veuve en l’An X à C. Beauval. On doit donc à Bertrand Loisel les boiseries déjà Louis XVI du salon et les marches et rampe de l’escalier en hors d’œuvre.

Un inventaire partiel fait état d’un salon doré, de tables de marbre… La Révolution n’affecte en rien l’immeuble. En perpendiculaire, sur cour, Loisel restaure une façade, datée de 1770, avec bandeaux de brique et pierre en alternance.

Ce corps comporte maintenant un hall central avec un escalier XIXème, en remplaçant d’un autre, dont on voit des traces sur le mur. A droite du hall, la façade continue en respectant le décor brique et pierre de la partie gauche, un peu postérieure. Ce bâtiment existait en partie à une époque plus ancienne, le mur mitoyen au 18 est en beau silex gris et il garde une pièce basse, à droite, ancienne cuisine avec un large fond d’âtre. Au temps de Bertrand Loisel, on pouvait circuler dans les deux corps, à partir de cette cuisine, bien que les niveaux soient différents, nécessitant quelques marches. Le bâtiment du fond est XVIème, indépendant. Brique et pierre sur le ruisseau, avec des traces d’époques différentes et une porte permettant l’accès par barque.

Sur cour en pan de bois, XVIème, avec des traces de cannelures. Les corbeaux ont été supprimés, mais on en trouve le modèle sur au moins deux maisons de la ville, dans des cours. L’héritier de Charles Boursy, Arsène Le Chevallier, vend l’hôtel à la famille Mouronvalle en 1877.

Vers 1878, l’immeuble devient la poste, abrite les PTT, surchargé «de tasses» et de fils, jusqu’après la guerre de 14-18, avec la construction d’un nouveau bureau. Puis l’imprimerie Duval, locataire, de 1944 à 1963.

Toujours propriété de la famille Mouronvalle, qui vend en 1981 un ensemble en mauvais état à SERTI, société immobilière qui restaure, crée la copropriété et vend par lots.

L’immeuble est maintenant bien entretenu, la cour visible de la rue et ouverte donc visitable.

Les copropriétaires demandent donc son inscription, afin de le préserver.