REPONSE SPBS AU

QUESTIONNAIRE

                                                          

 

 

GRAND PROJET DE LIGNE FERROVIAIRE PARIS-NORMANDIE 2011-2012

 

 Questions SPBS et réponses du Maître d'ouvrage (6 mars 2012) :

 

1-Est-il raisonnable de faire de si vastes projets dans période de récession? Bien qu’il soit urgent de créer une importante ligne voyageurs sur le parcours Paris-Mantes actuellement saturé.

De même que de réparer les voies et remplacer le matériel obsolète sur les lignes Paris-Normandie ; il s’agit là de nécessités à court terme.

 

R1 : Le projet LNPN vise à améliorer radicalement les services pour les usagers, et à favoriser le développement des territoires. Ces objectifs émanent de l’Etat, des collectivités territoriales, ainsi que des représentants du monde économique.

Le débat public apporte un éclairage complémentaire sur la pertinence de ces objectifs.

Par ailleurs, le projet est conforme aux orientations prescrites par la loi du 3 août 2009 relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’Environnement, qui prévoit la réalisation de 2000 km de lignes nouvelles supplémentaires avant 2020, et 2500 km après 2020. Le cas des liaisons ferroviaires avec la Normandie y est expressément cité.

Il est prudent de travailler aux projets qui permettront d’apporter des réponses aux questions énergétiques et environnementales.

Quant au financement du projet, une mission a été nommée par le gouvernement pour faire des propositions avant fin février 2012. Des négociations pourront être poursuivies au delà de cette date, entre les cofinanceurs potentiels.

Le sujet pourrait rester ouvert jusqu’au moment de commencer les travaux, c’est-à-dire au plus tôt dans cinq ans compte tenu des études et concertations puis de la procédure de déclaration d’utilité publique du projet. L’état des finances publiques à ce moment-là sera un élément à prendre en compte.

 

 

2- Pont-Audemer est une ville intéressante, puisqu’équidistante de Caen, du Havre et de Rouen. Elle souhaite se développer en construisant beaucoup, sans moyen de créer de nombreux emplois, toutes ses industries importantes ayant disparu. Les actifs, en majorité, travaillent en rive nord, empruntant les ponts ou le bac. Les industries possibles en ville ou à proximité sont des industries de pointe, nécessitant une main-d’œuvre spécialisée qui n’existe pas sur place. Les firmes concernées hésitent à recruter du personnel avec famille, enfants et personnes âgées, ne conduisant pas.

Ces constructions risquent donc d’être habitées par des chômeurs; elles seront à la charge des gens qui travaillent qui verront encore augmenter leurs impôts.

Il existe toujours la ligne Pont de Normandie-Glos, passant par Pont-Audemer, coupée maintenant de Honfleur, située à 4 km du pont alors que la municipalité de Honfleur, ville touristique très fréquentée, souhaite retrouver sa gare et réutiliser cette ligne.

Ligne d’ailleurs utilisée la nuit pour le fret. Elle pourrait accueillir des voyageurs, avec des navettes petites mais fréquentes, qui rendraient service à un vaste public. Il faut aux habitants de Pont-Audemer et environs, faire 35 à 40 km en voiture pour se rendre à Bernay, gare la plus proche et mal desservie, alors que Rouen et Caen sont à 50 et 60 km. Ils y vont donc en voiture. Quant à ceux qui se rendent à Paris, il leur faut compter une heure pour atteindre Bernay, en tenant compte des ronds-points qui se multiplient, de la nécessité de ralentir pour traverser les agglomérations, des aléas météorologiques, de la difficulté de se garer.

Ne serait-il pas urgent de réhabiliter cette ligne, en rouvrant la gare de Glos, moyen relativement peu coûteux, afin de dégager un bassin d’emploi et de rendre à cette région sa prospérité économique ?

 

R2: Le développement des transports de voyageurs d’intérêt régional est une compétence de la Région. En tant qu’autorité organisatrice des transports d’intérêt régional, la Région, en partenariat avec le transporteur (aujourd’hui la SNCF), décide des liaisons et des fréquences à réaliser, des tarifs et du niveau de qualité de service à offrir.

Le projet LNPN tel que présenté au Débat Public répond à un certain nombre de fonctionnalités, demandées par les acteurs du territoire lors d’une démarche de concertation menée avec ceux-ci au cours de l’année 2010. Vous avez la possibilité de consulter une synthèse exhaustive de ce recensement des fonctionnalités demandées dans le « Cahier des fonctionnalités attendues », annexé au rapport d’étude A1 téléchargeable sur le site internet. La desserte d’Honfleur, la réouverture de la ligne Glos – Pont-Audemer – Honfleur et de la gare de Glos aux voyageurs, ne faisant pas partie de ces fonctionnalités, le projet LNPN présenté ne les prévoit pas et RFF ne les a pas étudiées.

Toutefois, le « Plan Rail 2020 » de la Région Basse-Normandie envisage la desserte ferroviaire par Glos Monfort, et donc la réouverture de la ligne Glos – Pont-Audemer – Honfleur et de la gare de Glos aux voyageurs. Mais il s’agit d’un autre projet que la LNPN.

 

3- N’est-il pas important aussi, d’assurer une liaison des villes moyennes au réseau TGV qui n’utilise pas sa capacité ?

 

R3: Le projet LNPN ne se limite pas à accroître la performance d’une ligne vers Paris. Contrairement à une LGV conventionnelle, il propose un système de transport intégré, constitué de trains intervilles rapides, régionaux et périurbains qui irriguent l’ensemble du territoire.

Ainsi, le projet LNPN facilitera les déplacements entre les villes normandes en :

- Accélérant les liaisons intercités Rouen - Caen, Caen - Evreux et Rouen - Le Havre

- Permettant le développement des TER et des services périurbains, grâce au dégagement de la capacité sur les lignes actuelles

- Organisant des nœuds de correspondance efficaces, notamment en gare de Rouen et Caen.